The Sound of Home 2018/19

COURS DE MUSIQUE CHEZ ZING ZANG ZONG

 

Grâce à The Sound of Home – une initiative du Klarafestival, les jeunes nouveaux-arrivants qui souhaitent suivre des cours dans une académie de musique belge peuvent bénéficier de la prise en charge de leurs frais d’inscription, de la location de leur instrument et de leur matériel pédagogique. Zing Zang Zong, une académie de musique d’Anvers, est une des écoles accueillant de nombreux jeunes arrivants. Tous les samedis après-midi, une cinquantaine d’enfants et des jeunes suivent les cours d’instrument auprès de jeunes bénévoles motivés, des musiciens expérimentés avec le cœur sur la main. Une interview de Veronica Joris et Joost Gils – les deux initiateurs de Zing Zang Zong – à propos du soutien apporté par The Sound of Home.
Anvers est de plus en plus diversifiée. Cette évolution est-elle également perceptible dans l’enseignement musical extrascolaire ?

Veronica Joris : Je n’oserais pas citer les statistiques – que je ne connais pas – mais il reste malgré tout très difficile pour les personnes ayant émigré d’intégrer l’enseignement artistique à horaire réduit. Tout le monde est bienvenu, mais il existe différents obstacles. Il faut savoir que l’enseignement artistique à horaire réduit existe, maîtriser la langue pour s’inscrire et pouvoir se rendre à l’école de musique deux à trois fois par semaine. Avec l’école Zing Zang Zong (liée à la MA’GO – Muziekacademie van het Gemeenschapsonderwijs, académie de musique de l’enseignement communautaire), nous tentons de lever ces obstacles. Chez nous, les enfants viennent suivre l’ensemble des cours le samedi après-midi. Les parents sont également les bienvenus : ils peuvent prendre un café et en profiter pour suivre des cours de néerlandais s’ils le souhaitent.

Quel est le type de soutien apporté par The Sound of Home ?

Joost Gils : De nombreuses personnes et organisations veulent venir en aide aux réfugiés ou aux personnes défavorisées – entre autres dans le domaine de l’enseignement musical extrascolaire. La question est de savoir comment s’y prendre. The Sound of Home est une organisation globale offrant un soutien financier ainsi que des réponses à de nombreuses questions. Elle permet l’échange des expériences et des connaissances.

Quelle est la recette de votre succès ?

VJ : Zing Zang Zong développe au sein de la structure de l’école de musique une trajectoire sur mesure pour l’élève en prenant comme référence les personnes les plus faibles. Louer ou acheter un instrument n’est vraiment pas évident : nous sommes en mesure d’offrir cette possibilité grâce au soutien financier de The Sound of Home et de certains service clubs. Nous nous occupons de tout, les élèves ne doivent rien payer ni se rendre au magasin.

JG : Et en fait, tout cela ne coûte pas très cher. Avec un budget très limité, nous parvenons actuellement à offrir à 50 élèves tout ce dont ils ont besoin. Il est également agréable de voir l’évolution de la situation de certains élèves. Nous avons ainsi connu une famille qui n’avait vraiment pas les moyens de nourrir correctement ses enfants, et pour laquelle nous avons longtemps acheté des colis de vivres. Depuis, les parents sont parvenus à subvenir à leurs besoins et ont pu acheter par leurs propres moyens un violon pour leur fils – ils apportent même parfois de petits cadeaux aux autres enfants. Après un moment, certains élèves passent également dans l’enseignement artistique à horaire réduit régulier.

Outre les cours d’instrument en piano, violon, violoncelle, flûte à bec, guitare, trompette et harpe, vous organisez également une chorale d’enfants. Est-ce un facteur de cohésion supplémentaire ?

VJ : Absolument ! La plupart du temps, nous chantons des chansons avec des textes simples en néerlandais sur des mélodies existantes. Ces mélodies sont souvent jouées pendant les cours d’instrument, ce qui permet aux élèves de les retenir plus facilement. Nous basons tout notre travail sur la voix et l’instrument. Ils ne doivent donc pas apprendre le solfège au préalable. Le chant d’ensemble est un moment fantastique : même les professeurs de langue viennent nous accompagner.

JG : Et les parents ! Parfois même sans s’en rendre compte. Ils chantent comme ils le peuvent et s’amusent comme des fous.

Ces jeunes vous apprennent-ils eux aussi des choses ?

VJ : Oui ! Personnellement, j’ai appris qu’il n’y a pas de différence dans la manière de vivre la musique, quelle que soit notre origine. La musique est la langue du cœur : l’émotion qu’elle provoque est universelle. Je n’ai pas le sentiment que l’expérience soit différente de chez nous au Congo ou en Syrie par exemple. La grande force de la musique est que, grâce au jeu d’ensemble, les enfants s’écoutent et écoutent les autres, et développent ainsi un sentiment d’empathie. Récemment, nous avons chanté une chanson avec un très beau texte parlant de la paix sur terre. Une jeune Marocaine a été très impressionnée, à tel point qu’elle a dit « j’aurais besoin de 50 mouchoirs pour pleurer ».

Quel type de catégorie d’âges attirez-vous ?

VJ : Nous avons démarré la chorale en ciblant les enfants entre 6 et 12 ans. Nous avons très vite étendu la tranche d’âges aux enfants de 4 à 20 ans. De plus, The Sound of Home nous a également amené de jeunes adultes. Certains d’entre eux suivaient déjà des cours chez nous, d’autres nous ont rejoints via le site web de The Sound of Home.

Quelles sont les réactions des membres des familles des enfants ?

JG : Un père indien dont la fille avait chanté avec nous la veille dans une maison de retraite nous a raconté à quel point ce concert avait marqué sa fille : elle avait passé un moment formidable et avait vraiment envie de s’engager davantage pour les personnes âgées. C’est le genre de réaction qui booste notre moral. Si nous réalisons un film de nos concerts, il ne fait aucun doute qu’il fera immédiatement le tour du monde via les réseaux sociaux avec des J’aime de Syrie, d’Irak, … Un élan d’enthousiasme mondial !

VJ : Au début, les parents assistent aux cours pour savoir ce que nous faisons avec leurs enfants. Après un moment, ils nous les confient et se consacrent à d’autres activités. Pour en arriver là, il faut développer une relation de confiance, et cette démarche n’est vraiment pas évidente pour des personnes ayant fui une situation de guerre. Le plus beau compliment que l’on puisse nous faire est probablement de nous confier des enfants en toute tranquillité.

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